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» Les meilleures courses de Montoya
Partie 1 ,classement de la 12° à la 7°

Premier volet du classement des hauts faits d'arme de Montoya en Formule 1. Keyshun vous propose les meilleures courses de Montoya de la 12° à la 7 ° place.
12ème: 14 Septembre 2002: le tour le plus rapide de la Formule1!
En ce début Septembre, nous arrivons au Grand Prix d'Italie, théâtre de la première et seule victoire de Juan-Pablo jusque maintenant (en 2001). En cette saison 2002, les choses sont bien différentes. Les Ferrari de Michael Schumacher et de Rubens Barrichello ont remporté la quasi-totalité des courses, elles dominent plus que de raison. Mais ici, la Williams-BMW s'est montrée redoutablement efficace lors des essais du vendredi. Les circuits ultra-rapides demandant peu d'appui lui conviennent à merveille : il semblerait que la terrible puissance du moteur BMW permette de faire oublier les quelques déficiences aérodynamiques de la monoplace. De plus, Montoya aime ce type de circuit, avec de longues lignes droites et des gros freinages, qui demande une concentration de tous les instants. Il sait qu'il va devoir réaliser une performance en forme d'exploit s'il veut s'imposer ici tant les Ferrari ont un avantage conséquent en terme d'utilisation des pneus durant la course.
Juan s'élance pour sa quatrième et dernière tentative (et oui, à cette époque, les pilotes avaient quatre tentatives ainsi qu'un moteur et des pneus spécifiques pour les réaliser). La tension est à son comble car les Ferrari sont devant et il ne lui reste plus qu'un essai pour leur passer définitivement devant. Il atteint plus de 360 km/h au bout de la première ligne droite et freine pour la première chicane. Montoya donne tout ce qu'il a, il est concentré comme jamais. Il fait hurler son moteur BMW sans penser à la casse moteur, comme si ce tour était le plus important de sa vie. La monture répond au doigt et à l'oeil à son maître: chaque virage est pris à la perfection, chaque centimètre de ligne droite est passé à fond sur l'accélérateur. Sur la ligne d'arrivée, Juan Pablo Montoya signe la 10ème pôle position de sa carrière en 1'20''264 et à 259.828 km/h de moyenne, ce qui constitue le tour le plus rapide de la Formule1! Encore une fois, il a su démontrer qu'il avait des "cojones"...
Malheureusement, il a dû abandonner le lendemain, durant la course. Sa performance reste néanmois exceptionnelle: en s'emparant de la pôle position, il a signé la septième de sa saison (Brésil, puis cinq pôles d'affilée à Monaco, au Canada, au Nürburgring, en Angleterre et enfin en Allemagne), la dixième de sa carrière! Quel plaisir de voir Montoya enchaîner les pôles avec sa Williams-BMW FW24 A-TO-MIQUE! Ayant disputé à peine trente-deux courses, sa moyenne était d'une pôle toutes les trois courses. Je le voyais à l'époque comme le roi de la qualification, surtout que cette année-là, la voiture dominatrice était bel et bien la Ferrari... Dommage que la Williams ait été trop gourmande avec ses pneus, sans quoi Juan-Pablo aurait certainement pu jouer le titre à Schumacher. Enfin, tout ça était à une autre époque, où Montoya semblait solide comme un roc et moins friable que chez Mclaren.
11ème: le 16 Septembre 2001: sa première victoire!
Le 11 Septembre 2001, à 8h46 et à 9h03 les Etats-Unis sont touchés coup sur coup par des attentats inattendus. Avec la destruction des Twin Towers, coeur économique des Etats-Unis, l'Amérique est profondément blessée. Juan Pablo est déjà en Italie quand le drame se produit. Il découvre les images à la télévision et il ressent de la tristesse pour cette nation qui l'a accueilli à bras ouverts (il réside à Miami) et au sein de laquelle il se sent véritablement chez lui. Même s'il n'oublie jamais qu'il est Colombien et alors qu'il se bat pour son pays à sa manière, Juan Pablo se sent américain. Il se dit que le meilleur hommage qu'il puisse rendre c'est en montrant que la vie continue et qu'il ne faut pas surtout se laisser abattre car c'est ce que recherchent les terroristes. Il pense à la course de ce week-end à Monza et il voudrait montrer l'exemple de la réaction que tous les Américains devraient avoir: il gardera sa peine au fond de lui durant tout le week-end et il fera son boulot du mieux qu'il peut. Il rendra hommage aux victimes en ne lâchant rien, pas à un seul moment. Montoya respecte son engagement pendant la séance qualificative en signant la pôle position de manière convaincante, la troisième de sa carrière. Durant le briefing d'après-séance Juan arbore un brassard noir au bras gauche en signe de deuil. Il sait qu'il est le favori pour la victoire du lendemain si la voiture daigne se montrer fiable mais il sait aussi qu'il aura fort à faire face aux Ferrari et à son coéquipier Ralf Schumacher...
Juan Pablo réalise un départ parfait en négociant la première chicane en tête. Durant les premiers tours il a du mal à tenir sa voiture sur la piste étant donnée la lourde quantité d'essence qu'il a emporté: il est parti pour une stratégie à un seul arrêt. Barrichello en profite et le passe au huitième tour. Montoya ne s'inquiète aucunement: étant donné la vélocité de la Ferrari et les temps au tour réalisés par le Brésilien, il est plus léger que la Williams-BMW du Colombien et il doit donc être sur une stratégie différente. Il ne reste plus à Juan d'être le plus prudent possible en attaquant avec une voiture assez instable. Au dix-neuvième tour il sourit sous son casque lorsque la Ferrari de Rubens se dirige vers les stands. Juan Pablo sait qu'il lui reste alors à peu près une dizaine de tours d'autonomie en carburant et il doit tout faire pour mettre le plus de temps possible entre lui et Barrichello. Il réalise alors dix tours digne d'un équilibriste. Avec des pneus cloqués ayant perdu toute leur adhérence, il vole littéralement sur la piste en réalisant des chronos d'une régularité remarquable. Il se dirige vers les stands au 28ème tour, à peu plus de la mi-course. Après un ravitaillement rondement mené, il reprend la piste en seconde position, à une dizaine de seconde de Barrichello. Il sait qu'il est en position de force car un arrêt aux stands "coûte" en temps à peu près vingt secondes et Rubens doit encore en effectuer un, pas lui. Juan Pablo fait très attention durant les cinq tours qui suivent, tâchant de perdre le moins de temps possible. Lorsque le Brésilien s'arrête puis reprend la piste, Juan a un matelas confortable de dix secondes d'avance. Voyant la Ferrari n°2 revenir fortement sur lui, Montoya résiste du mieux qu'il peut. En passant à chaque tour à côté des stands, il a une goutte de sueur qui lui coule le long du front lorsqu'il voit l'écart fondre très rapidement sur les panneaux d'affichage. Il se dit alors que son rêve de victoire pourrait bien s'écrouler comme les deux tours du World Trade Center cinq jours plus tôt. Mais comme si le destin en avait décidé autrement, Juan Pablo Montoya remporte sa première victoire en Grand Prix!
C'est dans ces conditions un peu particulières que Montoya a remporté sa première victoire en Formule 1, première d'une belle série. Ca a été un véritable soulagement pour Juan, qui courait derrière elle depuis le début de la saison. Sur le podium, il a enfin pu laisser éclater sa joie, mais de manière retenue compte tenu des évènements qui ont précédé la course. Il n'y a pas eu de champagne sur le podium mais peu en importait pour le Colombien qui avait réalisé l'essentiel, en passant enfin la ligne d'arrivée en première position qui semblait se refuser à lui (il a abandonné en Allemagne sur casse moteur alors qu'il menait la course de main de maître). C'est ici, à Monza, lieu vraiment particulier pour la carrière du Colombien et dans ce contexte étrange qu'il a été le meilleur parmi les meilleurs. Comme une drôle de coincidence c'est lui qui remportera le Grand Prix d'Angleterre le 10 Juillet 2005, quelques jours seulement après les attentats de Londres du 7 Juillet. Il s'était donné comme pari de se montrer à la hauteur de l'évènement afin de soutenir moralement toute une nation, et il y est parvenu, démontrant une force de caractère hors du commun. Il n'est pas américain et ne le sera peut-être jamais (il est vraiment fier d'être Colombien et aime particulièrement sa patrie) mais il s'est senti comme obligé de faire quelque chose pour aider ses amis des Etats-Unis dont la famille a été touchée par ces évènements tragiques. Tout ceci a pratiquement éclipsé la performance de Juan Pablo, qui n'était pas à négliger. C'était la première victoire d'une série qui allait prendre fin bien trop vite...
10ème: le 29 Juin 2003: la plus belle manoeuvre de dépassement de l'année!
En arrivant le jeudi sur le circuit du Nurburgring, cadre du Grand Prix d'Europe, Juan-Pablo Montoya est rempli d'espoir. Depuis sa victoire au Grand Prix de Monaco, la Williams-BMW FW25 a démontré une incroyable supériorité en terme d'utilisation des pneus Michelin. Et pourtant, au Canada, les résultats n'ont pas vraiment été là, Juan devant se contenter d'une maigre troisième place sur le podium dûe à un tête-à-queue alors qu'il envisageait sérieusement la victoire. C'est pourquoi il attend beaucoup de cette course, non sans une certaine pointe d'inquiétude sur sa capacité à remporter la victoire. Cela se confirme dès les essais qualificatifs: Montoya ne signe que la quatrième meilleure performance. Cependant, il peut être confiant, il sait que la Williams et les Michelin sont redoutables en course...
Le Colombien ne signe pas le meilleur départ de sa carrière, en perdant une place au profit de Rubens Barrichello. Coincé en cinquième position, il ne peut pas faire grand chose et attend avec impatience les arrêts aux stands. Au tour 36, dix boucles après l'abandon de Kimi Raikkonen, alors leader, Juan passe à l'attaque. Il avale Rubens Barrichello et réalise des tours digne de la qualification. Après son arrêt aux stands, Montoya a fait le plus gros du travail en se retrouvant dans les roues de Michael Schumacher, alors en seconde position. Profitant de l'avantage des Michelin lorsqu'ils sont neufs, il se place dans l'aspiration de la Ferrari. Schumacher, certainement en délicatesse avec ses pneus Bridgestone, semble avoir du mal à attaquer comme il le désirerait. A l'aise dans la Ford-Kurve, Juan se place dans le sillage de la voiture rouge. L'Allemand, conscient que la Williams est à trente centimètres de lui, se place sur la droite, espérant pouvoir protéger sa position en prenant la trajectoire intérieure dans le Dunlop-Kehre. C'est sans compter sur le petit grain de folie de Montoya! Alors qu'ils sont à la même hauteur au freinage, Juan prend la bonne trajectoire, alors que Schumacher perd de l'adhérence sur la partie sale de la piste. Les voitures se frôlent et Juan passe!!! Le dépassement est incroyable, Montoya est passé par l'extérieur, laissant Schumacher partir tout seul en tête à queue...
Il a achevé la course à la seconde position, loin derrière son coéquipier Ralf Schumacher, cependant il a une nouvelle fois marqué les esprits en réalisant une manoeuvre de dépassement sortie de son chapeau magique. Pour les uns, c'est une manoeuvre barbare puisque Schumacher est parti en tête à queue, mais pour d'autres, c'est une merveille puisque il a réussi ce dont peu de monde peut se vanter : un dépassement par l'extérieur! Pour ma part, cette acte n'a fait que confirmer tout le bien que je pensais du pilote colombien (je me suis levé et j'ai crié lorsque je l'ai vu dépasser!). Ce mec, un peu fou, qui tente des manoeuvres diaboliques (et particulièrement sur Schumacher, je dois dire) mais qui font toujours mouche. Bref un mec qui a des cojones grosses comme des pastèques et qui prend des risques insensés aux yeux de certains. Mais c'est là que vient tout son génie, et le 29 Juin 2003, Juan a franchi un pas en confirmant qu'il était un des meilleurs dépasseurs de tous les temps, tentant et réussissant des manoeuvres dont d'autres n'auraient même pas eu l'idée.
9ème: le 10 Septembre 2005: 13ème et dernière pôle position...
Le Grand Prix de Belgique 2005 a lieu une semaine seulement après le Grand Prix d'Italie, où Montoya a triomphé de main de maître. Il semble bien plus à l'aise au volant de la MP4-20 qu'au début de la saison, grâce au travail acharné qu'il a effectué tout au long des essais et des courses. Il a réussi à mener l'évolution de la voiture vers des réglages qui lui conviennent un peu plus, en réussissant à s'offrir un survirage bienvenu. Il est plus à l'aise et compte bien le démontrer une nouvelle fois pendant le Grand Prix de Belgique, réputé être un circuit d'homme courageux. Comme c'est le cas depuis le Grand Prix d'Imola, et le changement de suspension avant pour mieux faire travailler les pneus, la Mclaren-Mercedes se comporte à merveille sur le toboggan ardennois. Cependant, il va falloir confirmer en qualifications d'autant plus que même si Juan aime ce circuit, ce dernier ne le lui a jamais vraiment rendu... En effet, il n'a couru le Grand Prix dans sa totalité qu'à une seule reprise, en 2002 où il avait terminé troisième, mais il a obtenu une magnifique pôle en 2001, pour sa première participation. Au moment de s'élancer pour son tour de qualification, cette ancienne pôle pourrait lui donner un confort psychologique. Contrairement à son coéquipier Raikkonen, lui sait ce que ça fait que d'obtenir une pôle à Spa.
Dans son tour de chauffe, Juan Pablo entend son ingénieur lui crier dans les oreilles: "Raikkonen P1, Raikkonen P1, Do the job Juan!". Le Colombien comprend à ce moment précis qu'il n'a jamais été aussi en confiance depuis le début de la saison et qu'il a tout ce qu'il faut pour faire un coup d'éclat sur un tour. Il accélère à fond en passant la ligne de chronométrage. Ce n'est plus le moment de réfléchir aux tenants et aux aboutissants, il faut agir et battre tout le monde. Le soleil commence à percer les nuages, à l'image de sa saison, et Juan Pablo sait qu'il doit profiter de cette lumière pour surfer sur la vague et dominer les autres pilotes. L'instant est béni par les éléments et Juan donne tout ce qu'il a, prend tous les risques. Il se souvient de l'incident en qualifications du Grand Prix d'Allemagne et il a bien retenu la leçon... Durant son tour, il ne se focalise pas sur les chronos mais seulement sur son envie de réaliser un tour propre. Après avoir passé le raidillon de l'Eau Rouge le pied au plancher, Juan Pablo est en avance de 78 millièmes de seconde seulement au premier partiel! Sans regarder les résultats intermédiaires qui s'affichent sur son volant, Juan continue à attaquer comme un damné dans la longue partie sinueuse, ne commettant aucune erreur. Au deuxième partiel, il n'est plus en avance que de 28 millièmes de seconde mais il n'en sait toujours rien... Sur ce tour, Juan Pablo fait vraiment corps avec sa monture, comme s'il y avait une alchimie bien spécifique qui s'était créée ici, en Belgique. Pour les supporters du Colombien, le tour dure des lustres, comme si le temps s'arrêtait à chaque passage aux chronomètres partiels. Juan Pablo arrive à la chicane du Bus Stop et fait défiler les changements de rapport... Au moment où il passe la ligne d'arrivée, il laisse éclater sa joie: il est pôle position pour un écart infime, 49 millièmes de secondes!
Cette pôle position est symbolique pour Montoya. Il était déjà en pôle la semaine précédente mais il l'avait obtenu car Raikkonen avait été rétrogradé de 10 places sur la grille de départ pour un changement de moteur. Ici en Belgique, c'est en se battant à armes égales que Montoya a obtenu la pôle position! Pour moi, ce qui a rendu cette pôle tellement différente des autres, c'est l'intensité: l'écart était vraiment minime entre les deux pilotes Mclaren et impossible de savoir lequel des deux serait en pôle avant que Montoya n'ait passé la ligne. Surtout qu'il avait déjà craqué sous la pression durant un tour qualificatif en Allemagne alors qu'il était au coude à coude (déjà) avec Raikkonen. Tout était différent sur le circuit de Spa car il tenait absolument à faire taire toutes les critiques sur ses performances sur un tour. Il est vrai qu'il n'a pas été des plus brillants dans cet exercice depuis le début de la saison... Mais c'est un mois de Septembre dantesque qu'a connu le Colombien avec pas moins de deux victoires et une pôle en trois Grands Prix! Il semblait être dans une spirale de succès et comptait bien bâtir sa saison 2006 sur celle-ci. Surtout, c'est serein qu'il a achevé cette saison 2005, en sachant que même s'il n'a pas été à son meilleur niveau, il pouvait égaler Kimi Raikkonen et même le battre. C'était son but en débarquant chez Mclaren Mercedes, et c'est ce qu'il l'a mené à sa perte. Dommage peut-on dire, surtout que sur le papier l'alliance de ces deux étalons avait vraiment un beau potentiel, pour l'opposition de style, de caractère mais aussi de conduite de leur carrière. Montoya a toujours été une star dans toutes les catégories inférieures où il est passé tandis que Raikkonen s'est fait beaucoup plus discret. Nous pouvons maintenant avoir comme conclusion que le petit discret a fait mordre la poussière à la grande star...
8ème: Le 9 Juin 2002: Montoya double deux voitures d'un coup!
Dans l'avion qui l'emmène au Canada, Juan Pablo réfléchit longuement. Il est déçu de ne pas avoir fini la course précédente à Monaco d'autant plus qu'il s'élançait en pôle position. Le titre s'envole: M.Schumacher détient déjà 60 points contre 27 pour Montoya. D'un geste de la main et d'un grand sourire Connie, sa femme, lui fait oublier tous ses soucis. En voyant sa joie de vivre, il se remotive... Il sait que sa Williams FW24 est très performante, surtout ici, au Canada qui est un circuit de moteur. La puissance du bloc BMW pourrait lui être d'un grand secours sur le tracé de Montréal où les lignes droites sont légion. Il aura bien raison d'y croire d'ailleurs, puisque son coéquipier Ralf Schumacher et lui trustent les premières places durant les séances d'essais. Mieux, durant la séance qualificative, Juan réussit un nouveau tour comme lui seul peut en faire. A mi-séance, il s'élance pour l'une de ses dernières tentatives et il "éclate" les chronos en se procurant la pôle position et en relégant Michael Schumacher à plus d'une demi-seconde! A la fin de la séance, le Colombien affiche un large et beau sourire : il a confiance pour la course du lendemain mais il reste prudent car il connaît l'efficacité de Michaël Schumacher et de sa Ferrari...
Dès le départ, Juan défend chèrement sa position aux dépens de Schumacher. C'est en tête qu'il négocie le premier virage mais c'est à la seconde place qu'il achève la première boucle: Barrichello, plus léger en essence l'a dépassé comme une balle. Au 14ème tour, la voiture de sécurité sort pour ralentir la meute et permettre aux commissaires de piste de dégager la BAR-Honda abandonnée de Villeneuve, très mal placée. Montoya est le seul à profiter de la neutralisation pour s'arrêter aux stands. Il repart en cinquième position, juste derrière son coéquipier Ralf Schumacher, coincé depuis le départ derrière Kimi Raikkonen. Il a le couteau entre les deux. Il ne doit pas perdre de temps derrière eux s'il veut espérer revenir sur la tête de la course. Sous son casque, Juan Pablo fulmine... Si Ralf n'arrive pas à passer le jeune Finlandais rapidement, Juan perdra inexorablement du temps puisqu'il ne voudrait pas prendre de trop gros risques en tentant de passer son coéquipier. Au 17ème tour, la voiture de sécurité lâche la meute. Le Colombien observe la situation et comprend bien vite que Ralf n'est pas prêt à tenter le diable, il préfère rester bloqué plutôt de risquer l'accrochage avec Raikkonen. A la fin de la 18ème boucle, Raikkonen se loupe à la chicane juste avant la ligne d'arrivée et gêne Ralf en revenant sur la piste. Juan Pablo voit l'ouverture se créer devant lui et ne se gêne pas pour en profiter immédiatement: il se déporte sur le côté sale de la piste et appuie sur la pédale d'accélérateur comme un damné... Sur la ligne d'arrivée, les trois pilotes sont de front. Au moment du freinage, Juan est sur la ligne intérieure et il freine le plus tard possible. Au moment de tourner pour le second virage, il est devant, il les a passé tous les deux d'un coup!
Après ce haut fait d'arme qui a laissé la plupart du paddock pantois, Juan Pablo a tout tenté pour revenir sur Michaël Schumacher, en tête de la course. Il a réalisé le meilleur tour de la course à la boucle 39 et pensait vraiment pouvoir remporter la course... Mais c'était sans compter sur la fragilité du bloc BMW qui a une nouvelle fois cédé, laissant le Colombien à son désespoir. Malgré tout, il a une nouvelle fois montré une combativité de tous les instants et il n'a fait qu'étoffer un peu plus son sens inné du dépassement. Alors que son coéquipier est resté bloqué pendant 41 tours derrière Raikkonen, Juan Pablo n'a pas passé plus d'un tour derrière eux! Superbe! Comme si rien que le fait d'avoir la volonté lui avait donné des ailes... Malheureusement, ses ailes sont parties en fumée en même temps que le moteur BMW. Ce moteur qui l'avait déjà lâché à Monaco, mais aussi quatre fois en 2001. C'était véritablement le talon d'achille de la firme de Munich à cette époque et cela lui a empêché de jouer les premiers rôles. Ils étaient très rapides en qualifications, surtout avec Juan qui a signé dix pôles en deux ans (Ralf Schumacher seulement une!) mais ils avaient une mauvaise habitude à lâcher régulièrement. Mais Juan Pablo avait un moral d'acier à cette époque et rien ne pouvait l'atteindre, surtout s'il achevait une pareille démonstation de son talent, même par un abandon.
7ème: Le 24 Juillet 2005: il remonte de la 20ème à la 2nde position!
Juan Pablo Montoya arrive en Allemagne en pleine confiance. Il vient de remporter son premier Grand Prix pour l'écurie Mclaren-Mercedes en Grande-Bretagne et il a ainsi pu démontrer qu'il pouvait être aussi bon que Raikkonen. Cependant cela ne lui suffit pas, il veut réussir le break psychologique, anéantir le Finlandais. La Mclaren se comporte très bien sur le circuit d'Hockenheim comme depuis le début de la saison. Il ne reste plus qu'à confirmer en qualifications les qualités du package anglo-allemand... Alors que Raikkonen s'est installé en pôle position, Juan Pablo s'élance pour son tour qualificatif. Au moment où il passe le second partiel, il est en avance de 60 millièmes de seconde et chacun se dit que nous allons enfin voir le Colombien signer une pôle (ce qui ne lui est plus arrivé depuis deux ans). Mais c'était aller trop vite en besogne, car dans le dernier virage, la voiture dérape et l'arrière échappe à Montoya. Bilan : sortie de piste et contact avec le mur. Il reste pendant deux minutes dans sa voiture, à réfléchir à l'erreur qu'il vient de commettre. Il voulait battre Kimi Raikkonen à tout prix, tellement qu'il a fini par surpiloter pour tenter de décrocher la pôle. En conséquence, le Colombien va devoir s'élancer de la 20ème et dernière position de la grille. Tous les observateurs de la Formule 1 le savent, c'est du très grand Montoya que l'on pourra suivre demain...
Sur la grille de départ, Juan est souriant, insouciant, sachant que rien n'est perdu. Même si les choses vont être sacrément difficile, parce-que devant on ne va certainement pas l'attendre, Montoya a déjà démontré qu'il pouvait réaliser de fantastiques remontées, notamment à Monaco cette même année 2005. Dès le départ, il récupère trois places en même pas cent mètres, juste avant le premier virage. Fameuse courbe où règne une petite cacophonie avec plusieures voitures (Takuma Sato, Jarno Trulli, et Mark Webber) qui vont dans le bas-côté. Les pilotes ne savent plus où passer tout en étant le plus précautionneux possible. Juan Pablo se pose moins de question et il en passe six. A la fin du premier tour, le Colombien a réalisé une performance incroyable en se retrouvant déjà en onzième position! Il va encore gagner deux positions aux dépends de Ralf Schumacher et de Christian Klien lors des deux tours suivants. En trois tours, Montoya a doublé la bagatelle de onze pilotes! Quand on connaît la difficulté de dépasser quelqu'un en Formule1, on se rend bien compte de la nature de l'exploit... Et pourtant cela n'est pas fini. Juan Pablo se montre un peu plus prudent lors des boucles suivantes et fait simplement fonctionner sa stratégie. Son premier arrêt se fait très tard, au 27e tour, et il ressort des stands en cinquième position qui se transforme en quatrième après l'abandon de Kimi Raikkonen. Juan enchaîne les tours rapides et se rapproche de plus en plus du bînome Michael Schumacher-Jenson Button et du podium. A onze tours de l'arrivée, il observe son dernier arrêt-ravitaillement et ressort des stands en seconde position! A l'arrivée, Juan Pablo exulte, se tape dans les mains... Il avait commis une erreur, il l'a réparé de la plus belle des manières!
Sur le podium, Montoya affiche un sourire radieux. Il sait qu'il a marqué les esprits aujourd'hui en réalisant une des plus belles remontées qu'ait connu la Formule1. Tout le monde s'émerveillait avec les remontées de Raikkonen depuis les douzième ou treizième place après des changements de moteur, mais alors que dire de celle-ci?! Je pense que c'est à ce moment de l'année 2005 que Juan Pablo a commencé à se sentir véritablement en confiance avec la voiture. Il a enfin eu les résultats qu'il désirait, même s'il était toujours un cran en dessous de Raikkonen... Mais je me souviens que c'est en voyant cette course que je me suis dit qu'en continuant comme ça, il allait enfin étouffer les critiques. Il a plutôt bien terminé la saison, et pourtant rien n'a changé... Il faut dire qu'à l'origine de son exploit, il y avait une erreur, qu'il aurait pu éviter. Mais comment un pilote cherchant toujours la limite pourrait-il à un seul moment lever le pied en se disant "je prends trop de risques"? C'est pourquoi Juan Pablo a touché le mur ce samedi là, même si tout le monde a bien crû qu'il pouvait prendre la pôle... Mais le dimanche, il nous a encore montré tout son talent et s'est éclaté comme un malade en se jouant des autres pilotes. C'était un jour où il ne pouvait rien lui arriver, comme il en a connu si peu durant sa carrière en Formule 1...
Keyshun
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