Pilotes 2008:

1

Hamilton

98

2

Massa

97

3

Raikkonen

75

4

Kubica

75

5

Alonso

61

6

Heidfeld

60

7

Kovalainen

53

8

Vettel

35

9

Trulli

31

10

Glock

25

11 Webber 21
12 Piquet 19
13 Rosberg 17
14 Barrichello 11
15 Nakajima 9
16 Coulthard 8
17 Bourdais 4
18 Button 3

Ecuries 2008:

1

Ferrari

172

2

McLaren

151

3

BMW

135

4

Renault

80

5

Toyota

56

6

Toro Rosso

39

7

Red Bull

29

8

Williams

26

9

Honda

14

10 Force India 0

__AUSTRALIE__
29/03/09


[Mardi 16 Janvier - 2007]
» Les meilleures courses de Montoya : Suite
Partie 2 ,classement de la 7° à la 1°

Les meilleures courses de Montoya : Suite

Deuxième volet du classement des hauts faits d'arme de Montoya en Formule 1. Keyshun vous propose les meilleures courses de Montoya de la 7° à la 1° place.

6ème: le 1er Juin 2003: Montoya gagne à Monaco!


Montoya

Là je vais sans doute aborder l'une des plus belles journées de sa carrière, celle de sa victoire à Monaco, la plus prestigieuse des courses... La saison 2003 bat son plein et Juan Pablo est toujours en quête d'un bon résultat en arrivant à Monte-Carlo. Cependant, il sait bien que l'arrivée de Frank Dernie au sein de l'écurie peut être déterminante en terme d'utilisation des pneus. De plus, la Williams FW25 est petite et très agile, ce qui pourrait lui apporter un avantage significatif sur ce circuit tortueux...



Mais Juan Pablo Montoya ne s'élancera pas de la pôle position, occupée par son coéquipier Ralf Schumacher. Ce que personne ne sait c'est que le Colombien est très satisfait car il a embarqué plus d'essence que son équipier et un arrêt aux stands plus tardif peut se montrer décisif. Alors partir en troisième position, c'est après tout pas si mal... Il est confiant de réaliser une (très) belle course: la voiture a atteint un tel niveau de communion avec ses pneus durant les essais du jeudi qu'il sait que la performance ne devrait pas être loin d'être parfaite. Il suffirait juste de passer devant Raikkonen, second sur la grille, au départ...



Et comme si le jour était béni, c'est ce que Juan arrive à faire! Magnifiquement parti, il "chipe" la seconde place au Finlandais et se retrouve dans les roues de son coéquipier... Après l'arrêt aux stands de ce dernier, il est en tête avec Raikkonen à moins de deux secondes de lui. La bataille s'annonce rude. Montoya s'arrête au 23e tour et Raikkonen au 24e, ils sont donc sur la même stratégie. Ils ne se lâchent pas de toute la course, avec toujours moins de deux secondes entre eux. Après leur second arrêt (au 49e tour pour le Colombien, au 53e pour le Finlandais), la bataille reprend de plus belle avec un léger avantage pour Raikkonen. Il semble être plus rapide et il revient constamment sur la Williams-BMW de Montoya. Au moment de passer la ligne d'arrivée, seulement six dixièmes les séparent!



Montoya a su rester concentré comme jamais sous la pression de Raikkonen pour remporter sa plus belle victoire et démontrer qu'il est un des talents sûrs de la Formule 1 (on dirait que tout ça a été très vite oublié...). Lorsqu'il sort de sa voiture, dans le parc fermé, la joie l'envahie et il ne peut s'empêcher de sourire en embrassant sa femme Connie. Il vient de réaliser un rêve et il s'en rend bien compte... Le voir sourire aux anges sur le podium, tellement ému en regardant au ciel, nous fait nous rendre compte de l'impact du moment sur sa vie. C'est plus qu'une simple victoire, c'est une étape qu'il vient de franchir dans sa carrière, dans sa vie. Il a réalisé une course sans erreurs, digne des plus grands et cela restera à jamais écrit dans les pages d'histoire du sport automobile...



5ème: Le 1er Avril 2001: une entrée en Formule 1 fracassante!


Montoya

En arrivant au Brésil, en cette fin Mars 2001, Juan-Pablo Montoya est sûr de pouvoir réaliser un beau coup. Il va disputer le troisième Grand Prix de sa première saison de Formule 1, après un double abandon en Australie et en Malaisie, sur casse mécanique.



L'enjeu est colossal: on attend énormément de la première saison du Colombien, en raison de l'important palmarès qu'il a derrière lui. Etonamment, on ne s'attendait pas à ce qu'il soit si performant si vite! Et pourtant, le néophyte était à l'aise, se permettant de réaliser le meilleurs temps des essais du samedi. Mieux, sans une sortie de piste, il aurait réalisé la pôle position! Cependant, il doit se contenter d'une belle 4e place sur la grille, à trois dixièmes de seconde de l'Allemand Michaël Schumacher.



Le départ est donné et Juan gagne deux places, aux dépends de Mika Hakkinen et de Ralf Schumacher. La voiture de sécurité sort pour laisser le temps aux commissaires de dégager la Mclaren du Finlandais, coincée sur la grille. Derrière la SC, Montoya n'a qu'un seul objectif, battre la référence de la Formule 1, afin d'en devenir une lui-même. Lorsque la course est relancée au 3e tour, sous un ciel orageux, il lâche les chevaux de son surpuissant moteur BMW, propulsant sa Williams dans l'aspiration de la Ferrari. Arrivé à l'entrée du S, il freine le plus tard possible et engage le premier gauche côte à côte avec M.Schumacher. Le dépassement est un exemple en la matière, une action osée et magnifique. Les roues se touchent presque, l'Allemand met une roue de l'herbe et Juan-Pablo passe!



Le petit monde de la Formule 1 est abasourdi: au bout de son troisième Grand Prix, le débutant Colombien a réussi quelque chose dont peu de monde peut se vanter en Formule 1, avoir dépassé le roi Schumacher et de main de maître! Le fait est qu'il a un contrôle parfait d'une monoplace à pneus froids, compétence qu'il a développé lors de ses courses aux Etats-Unis les deux saisons précédentes. Cependant l'histoire se termine moins bien car, après avoir mené le Grand Prix pendant 36 tours et avoir été sur le chemin de la victoire, il se fait percuter par un retardataire, Jos Verstappen, à qui il prenait un tour...



4ème: le 28 Juillet 2002: bagarre épique avec Kimi Raikkonen!


Montoya

Plus rien ne va pour Montoya en ce milieu de saison 2002. Alors que la Williams-BMW semblait être en mesure de battre régulièrement les Ferrari en début de saison, le Colombien a dû se rendre à l'évidence, il y a un énorme problème avec les pneus. Il a pourtant réussi une belle série de cinq pôles positions d'affilée avant de mettre les pieds en Allemagne, démontrant que la voiture peut être très rapide, mais en configuration course les choses sont bien différentes. Là où la Ferrari peut enchaîner des tours très rapides sans abîmer les pneus, la Williams FW24 use très vite les pneus Michelin, dont la gomme semble être plus tendre que les Bridgestone. Au championnat, la situation est claire: Michael Schumacher détient déjà 106 points et Montoya, deuxième au classement, n'en a que 40! Cependant, même si Juan Pablo a dû faire une croix sur le titre, il ne laissera pas son rival l'emporter aussi facilement et compte bien lui mener la vie dure... Il ne peut pas remporter le titre? Tant pis, il reste encore pas moins de six courses à gagner! Alors que l'année précédente les Williams BMW étaient les voitures les plus rapides sur le circuit allemand, notamment grâce à la puissance du moteur BMW, les choses sont différentes cette année. Fini les longues et interminables lignes droites qui donnait au circuit tout son charme, le tracé a été remodelé afin de favoriser les dépassements. Changement qui ne convient pas vraiment au Colombien puisqu'il ne va s'élancer que de la quatrième position sur la grille de départ...



Après un départ très (trop) moyen, Juan Pablo perd une place au profit de Kimi Raikkonen. S'ensuit une course poursuite derrière le Finlandais, qui dure à peu près une dizaine de tours. Montoya perd du temps derrière la Mclaren, et il doit absolument la dépasser s'il veut revenir sur le trio de tête constitué de Michael Schumacher, Ralf Schumacher et Rubens Barrichello. Le problème, c'est que Kimi Raikkonen est un véritable guerrier et n'est pas le plus facile à manoeuvrer en terme de dépassement, il arrive à garder la tête froide en toute circonstances et ne se laisse clairement pas impressionner. Au tour n°10, Montoya est bien sorti du virage Einfhart et arrive à se mettre dans l'aspiration de Raikkonen dans la Parabolika. En arrivant au freinage de l'épingle Spitzkehre, la Mclaren prend la trajectoire intérieure et la Williams prend celle extérieure, Juan freine tard, un peu trop peut-être et sort très large à la sortie du virage... Cependant, il ne s'en laisse pas compter et malgré qu'il soit sur le bas-côté (donc très sale et sans adhérence), il accélère à fond et revient sur la piste côte à côte avec Kimi! Ses pneus ayant ramassé pas mal de saleté, Montoya laisse Raikkonen prendre les devants sans lui laisser plus de cinquante centimètres d'avance... Mais au virage juste après, il tente un coup: alors que Raikkonen se défend en prenant la tajectoire intérieure comme à l'épingle, Juan se décale et prend la trajectoire idéale. Pari pratiquement réussi puisqu'il arrive à réaccélerer plus tôt que le Finlandais, cependant ce dernier ne se laisse vraiment pas faire et c'est côte à côte que les deux pilotes prennent la ligne droite (avec une petite courbe tout de même!) menant à la Sachkurve. Là, la situation est claire, l'un des deux doit lâcher, et ce ne sera certainement pas Juan Pablo Montoya. Les deux pilotes freinent côte à côte mais Juan profite d'une meilleure trajectoire et passe par l'extérieur!



Après cette magnifique passe d'armes avec le Finlandais, Montoya a terminé en trombe la course puisqu'il a réussi à revenir sur Ralf Schumacher et à le passer à quatre tours de l'arrivée! Il a achevé la course à la seconde place, inespérée après son départ médiocre. Les pneus Michelin n'ont pas trop souffert pendant cette course et il aurait certainement pu titiller Michael Schumacher en réussissant un meilleur envol. Malgré tout, Kimi Raikkonen et lui (et oui, car il faut être deux pour faire ce qu'ils ont fait, ce n'était pas un simple dépassement!) ont marqué les esprits avec ce combat à en couper le souffle qui n'a duré que trente secondes mais qui ont semblé une éternité pour pas mal de spectateurs. Ils ont ainsi démontré les bienfaits des modifications apportées au circuit, puisque sans cette piste plus large, ils n'auraient jamais pu être côte à côte aussi longtemps! De son côté, Montoya a une nouvelle fois démontré ses capacités d'attaquant en ne lâchant pas prise devant un adversaire coriace et surtout, en réussissant à le passer! Le fait est qu'il a un véritable sens du dépassement et il a ça dans la peau plus que n'importe qui d'autre. Certains ont réussi une ou deux belles manoeuvres dans leur carrière mais aucun n'en a réalisé autant que le Colombien et surtout en si peu de temps (il n'est resté en F1 que pendant cinq ans)... C'est ça qui va le plus me manquer avec son départ, c'est cette sensation qu'en regardant une course, je ne verrais plus un dépassement couillu sorti de nul part. Un artiste qui n'aura peut-être pas laisser son empreinte comme on l'aurait voulu mais qui me laissera un souvenir inoubliable...



3ème: Le 24 Octobre 2004: Montoya quitte son écurie de la plus belle des manières!


Montoya

C'est avec beaucoup de souvenirs que Juan Pablo Montoya débarque au Brésil en cette fin d'année 2004. C'est la dernière manche de la saison, mais aussi et surtout son dernier Grand Prix pour l'écurie Williams avant qu'il ne s'en aille chez Mclaren. Il y a quelque chose de particulier dans l'air, comme une volonté de particulièrement bien faire, de terminer une page de sa carrière sur une bonne note. Surtout que sa dernière saison n'a pas été des plus faciles, avec une Williams FW26 novatrice mais complètement ratée... C'est pourquoi le Colombien a le couteau entre les dents dès les essais du vendredi. La Williams ne fonctionne pas trop mal sur ce circuit tortueux d'Interlagos, comme en atteste le meilleur absolu de Juan le vendredi après-midi et la troisième place de son coéquipier Ralf Schumacher. Cependant, cette année encore c'est la Ferrari qui est au centre de tous les débats, et il est difficile de prévoir quoique ce soit avant la séance de qualifications de samedi... Après une belle performance, il décroche la seconde place sur la grille (sa quatrième de la saison, pour aucune pôle) derrière l'intouchable Ferrari de Rubens Barrichello, l'enfant du pays.



Et le dimanche, il pleut sur le circuit d'Interlagos! Montoya sait qu'il n'est pas forcément le plus à l'aise sous ce type de condition mais il sait aussi qu'avec de la volonté, on peut déplacer des montagnes... Il négocie pourtant très mal son départ et perd pas moins de trois places au profit de Raikkonen, Massa et Button. Il ne s'en laisse pourtant pas compter puisqu'il redouble Button et Massa en un tour seulement! S'ensuit une course poursuite derrière Barrichello et Raikkonen jusqu'aux premiers arrêts aux stands pour changer de pneus. La piste ayant séché, il est grand temps de passer en pneus secs... Seul Barrichello commettra l'erreur de rester trop longtemps en pneus intermédiaires, cela lui coûtera la course. Juan rentre aux stands en même temps que Raikkonen. Après un travail extraordinaire des mécaniciens Williams, il repart promptement et se retrouve côte à côte avec Raikkonen dans l'allée des stands! A 80 km/h pendant 100 mètres, les deux pilotes s'observent en se demandant lequel des deux va fléchir. Si c'est Juan-Pablo qui laisse passer Raikkonen au moment de la réaccélération, c'est pour mieux le dépasser après! Il prend l'aspiration de Kimi à la sortie des stands et ils se retrouvent côte à côte (une nouvelle fois, en à peine une minute!) dans la ligne droite, et Montoya passe, à l'extérieur et en pneus froids!!! Il a alors démontré son incroyable capacité à contrôler une voiture alors que tout n'était pas parfait. C'était sa principale qualité... La suite de la course n'a été qu'une formalité, Montoya maîtrisant son sujet en signant le meilleur tour.



Mais l'explosion de joie était bien là lorsque Juan a passé la ligne d'arrivée... "Fucking good job guys! Thank you very much. All the four years, you know, great job, great job...". Je dois dire que c'était assez étonnant de voir Williams et Montoya à un tel niveau alors qu'ils ont peiné toute la saison. Mais c'était vraiment important aux yeux du Colombien de terminer sur une bonne note pour remercier tout le monde, toute l'équipe et en particulier Frank Williams qui a toujours crû en lui... C'était du très grand Montoya qu'on a pu admirer ce dimanche là, et cela laissait présager une confrontation électrique avec Raikkonen. Il a ainsi pu démontrer que quand il voulait vraiment s'en donner la peine, il pouvait offrir des performances exceptionnelles. C'était un de ses jours bénis, vous savez, quand on sent qu'on peut battre n'importe qui et que rien ne nous fait peur. Et puis ce que j'aimais bien moi avec lui, c'est que quand il gagnait, c'était souvent au terme d'une performance extraordinaire, un dépassement qui faisait mouche, quelque chose qui ne rendait pas sa victoire banale. Enfin, c'était du Juan Pablo Montoya tout craché, et j'espère que cela va continuer en Nascar...



2nd: Le 29 Août 2004: Le plus beau de ses dépassements sur Michael Schumacher!




Montoya

Au moment où le petit monde de la Formule1 arrive en Belgique, rien ne va plus pour Juan Pablo Montoya. Il n'a pas terminé sur un podium depuis le Grand Prix d'Imola en début de saison et dans le paddock, les rumeurs circulent: on dit que le Colombien ne se donne pas à 100% en raison de son transfert prochain chez Mclaren-Mercedes... De plus, le cogneur de Bogota n'a toujours pas eu une victoire à se mettre sous la dent. Il se bat pourtant comme un beau diable au volant de la Williams-BMW FW26 comme l'a souligné Sam Michael, un des ingénieurs de l'écurie après le Grand Prix D'Angleterre, en déclarant que cette course avait peut-être été la plus belle de Montoya depuis qu'il est au sein de la formation anglo-allemande. Le Colombien est un peu sous pression en débarquant dans le plat pays mais il est motivé comme jamais. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme dans un rêve... Il s'est retrouvé sous les trombes d'eau durant les qualifications (à cause du système de qualifications où le pilote n'a le droit de ne faire qu'un tour rapide, d'après un ordre de passage pré-établi lors de la séance de la pré-qualifications. Autant dire qu'avec la pluie, ce n'est plus qu'une sorte de loterie...) et n'a réussi qu'une maigre performance en s'alignant sur la 11e place de la grille de départ.



Mais ce que ne sait pas Juan-Pablo au moment où il grimpe dans sa monoplace, c'est que sur le mythique circuit de Spa-Francorchamps, tout est possible. Le départ est chaotique, plusieurs voitures s'accrochent et perdent du temps. Agile comme il est, Montoya en profite et gagne cinq places en une seule boucle du circuit belge! Très vite, il se trouve dans les roues de Raikkonen, qui est lui-même un peu coincé derrière Michaël Schumacher, en proie à quelques problèmes de pneus (il n'a pas réussi à les faire chauffer correctement durant le tour de formation). Juste derrière la Ferrari, Juan attaque comme un damné. Il faut quatre tours à Montoya pour combler l'écart qui les sépare. Dans les échappements de la monoplace rouge, il échaffaude son plan. Il se rappelle du Grand Prix d'Imola et du coup de roue que lui avait mis Schumacher alors qu'ils engageaient l'épingle côte-à-côte, le poussant hors de la piste. Le bouillant Colombien n'avait pas du tout apprécié et l'avait fait savoir pendant la conférence de presse. Assis à côté de l'Allemand, Juan Pablo avait déclaré: "il faut être aveugle ou stupide pour ne pas m'avoir vu!". Aujourd'hui, ici en Belgique, l'heure de la revanche a sonné! Après le virage de Blanchimont, Montoya écrase la pédale d'accélérateur dans la longue ligne droite légèrement en dévers. Schumacher est encore loin devant au moment où Juan freine pour la chicane du Bus Stop. Ni une ni deux, il ne se pose pas de questions en voyant que M.Schumacher est en difficulté. Dans le premier virage à gauche serré de la chicane, le Colombien est à l'extérieur et alors que Schumacher freine le plus tard possible sur la trajectoire intérieure, la Williams est à sa hauteur au niveau du point de corde. Les voitures se frôlent mais Schumacher reste correct. Au second virage de la chicane, Juan est à l'intérieur et passe!



Après ce dépassement, Juan-Pablo a vraiment tout tenté pour revenir sur la tête de la course mais c'était un peu trop tard. Après avoir mené la course pendant un tour, il était solidement accroché à la troisième position avant que son pneu n'éclate au bout de la ligne droite des Combes. Dépassement sur Schumacher, troisième et dernier round. En 2001, 2003 et 2004 Montoya a réussi trois manoeuvres de dépassement sur l'Allemand de toute beauté. Il était venu en Formule1 pour se frotter au roi de la catégorie et il y est plutôt bien arrivé même si tout n'a pas toujours été courtois entre les deux hommes. Mais c'est ça la Formule1, une bonne vieille rivalité entre pilotes avec des dépassements, des accrochages et des mots forts dans la presse. Je n'ai ici parlé que des trois plus belles manoeuvres du Colombien sur M.Schumacher, car il y en avait bien d'autres mais aucune qui avait une telle symbolique, ce petit grain de folie et de courage sorti de nul part. Du panache incarné! Même s'il n'était pas le plus grand bosseur que la F1 ait connu, Montoya avait vraiment énormément de panache comparé à d'autres pilotes et un talent brut comme peu en avait ce niveau. C'est pour ça, cela me fait mal d'entendre des journalistes déclarer que Juan-Pablo ne manquera pas à la F1, qu'il ne lui a rien apporté de toute façon etc. C'est oublier que Montoya a commencé la F1 avant d'aller chez Mclaren et qu'il avait vraiment réussi de belles choses à cette époque. Juan Pablo Montoya, "the overtaker"...



1er: Le 25 Septembre 2005: sa dernière et plus belle victoire...



Montoya
Au Brésil, Juan Pablo Montoya s'apprête à retrouver le public sud-américain qui le soutient activement chaque année. Il revient sur les terres de son exploit de l'année précédente, ce qui lui met une certaine pression sur les épaules. Il ne voudrait pas décevoir "son" public qui s'est déplacé spécialement de Colombie pour l'admirer. Sur le temps d'un week-end il voudrait se magnifier, être le maître parmi les maîtres. Il y est déjà parvenu deux fois cette saison (en Angleterre et en Italie) mais dans les deux cas Kimi Raikkonen, son coéquipier, avait été annoncé vainqueur moral des épreuves, après des remontées sur le podium d'assez loin sur la grille. Ici, sur un Grand Prix qu'il considère à domicile, il attend de pied ferme le Finlandais. Il a d'ailleurs déclaré quelques jours auparavant: "si Alonso est en 3ème position durant la course, je n'ai aucune raison de laisser passer Kimi (ndlr :Raikkonen, son coéquipier) et je gagnerais, puisque de toute façon Fernando (Alonso) sera titré." Le ton est donné... Le problème c'est que Montoya s'élance assez tôt dans la séance de qualifications après son abandon au Brésil. Raikkonen, lui s'élancera en dernier, ce qui va lui apporter un gain certain de performance. Mais Juan Pablo ne l'entend pas de cette oreille... Il prend tous les risques pendant son tour qualificatif parce-qu'il se sent bien, à l'aise au volant de la MP4-20. Contrairement en Allemagne où il s'était crashé dans le dernier virage, il termine son tour: 1'12"145! Le Colombien fait une moue approbatrice à son retour dans les stands, il sait qu'il vient d'accomplir une performance exceptionnelle. Ce qui n'est pas le cas de Kimi Raikkonen, qui commet une très grosse faute en bloquant sa roue au premier virage: 1'12"781. Juan Pablo Montoya s'élancera deuxième sur la grille de départ, Kimi Raikkonen seulement cinquième!



Sur la grille, Juan Pablo a pris place très tôt dans sa monoplace, il a besoin de concentration. Les feux s'allument un à un, la pression monte... Dès qu'ils s'éteignent, Juan Pablo lâche toute la puissance de son moteur Mercedes. Il arrive à garder la seconde position mais Kimi Raikkonen est déjà troisième! Tout de suite, il relâche la pression lorsqu'il voit les panneaux SC tout autour du circuit indiquant l'entrée en piste de la voiture de sécurité. Pendant les deux tours au ralenti qui suivent, Juan Pablo repense au bon coup qu'il avait fait cinq ans auparavant lorsqu'il avait doublé M.Schumacher après un restart tel que celui-ci. Cette fois-ci, c'est Fernando Alonso qui se trouve devant lui mais le Colombien n'aura pas plus de pitié. Lorsque la SC s'efface, Montoya se place dans l'aspiration de l'Espagnol et tente le même coup qu'en 2001 dans le S de Senna. Mal engagé, il est déporté vers l'extérieur de la piste dans la gauche précédent la ligne droite. Il revient alors dans le sillage de la Renault et lâche tous les chevaux que son moteur Mercedes peut lui offrir. A la moitié de la ligne droite, il se déporte sur la gauche de la piste; les deux monoplaces sont roues dans roues pendant plus de 200 mètres! A la zone de freinage, Fernando est encore devant mais le Colombien freine le plus tard possible et passe! Net et sans bavure, du Montoya tout craché... Il est alors en tête de la course, chose qu'il n'aurait pas espéré au vu de sa position de départ pour la séance de qualifications. Mais Kimi Raikkonen se montre particulièrement menaçant. Après avoir réalisé chacun leur premier arrêt, la plupart des observateurs sait que le Finlandais a plus d'essence que Juan. Au tour 54, Juan Pablo se dirige vers le box pour son second et dernier ravitaillement. Kimi a alors le champ libre et un avantage certain puisque la Mclaren du Colombien va être plus chargée en essence que la sienne. Montoya sait qu'il n'a plus qu'une chose à faire: attaquer, encore attaquer sans jamais penser à une possible erreur. Il a envie de prouver à tout le monde qu'il est aussi bon que ce damné Finlandais, que la Formule 1 pourrait être son royaume un jour. Il enchaîne les cinq boucles qui suivent avec la régularité d'un métronome et dans une fourchette qui est quasiment la plus rapide de la course. Au tour 59, Raikkonen se dirige vers le box. L'instant de vérité a sonné... Juan Pablo est à la limite dans le S de Senna, avec à ses côtés Raikkonen qui est en train de sortir des stands. Ils sont côte à côte mais Montoya a un meilleur élan et reprend la tête de la course! Il remporte le Grand Prix du Brésil alors que tout le monde attendait Raikkonen!



Une nouvelle fois, Montoya a démontré qu'il avait du talent et un panache inégalé. Il a aussi confirmé la véritable histoire d'amour qu'il entretenait avec le très technique circuit d'Interlagos, en y remportant sa seconde victoire consécutive, les deux fois en battant Raikkonen de haute lutte. C'était important pour lui de redonner un peu de baume au coeur à une Colombie en crise, de prouver qu'il était patriote à sa manière. Sa victoire au Grand Prix du Brésil 2005 était de plus le véritable moment fort de sa saison, où il a enfin pu prouver qu'il pouvait battre son coéquipier Kimi Raikkonen à la régulière. Il était obsédé par cette rivalité dans son équipe, et tenait absolument à battre le chouchou de Ron Dennis, son patron. C'est ce qu'il a fait de très belle manière en réalisant un dépassement magnifique sur Alonso et en résistant héroïquement à un Raikkonen plus léger en essence. C'est sans doute l'une des plus belles victoires de sa carrière et surtout sa dernière, un chef-d'oeuvre à la sauce si particulière "Montoya". Une de ces choses qui me font penser qu'il était un piment rouge dans le monde aseptisé de la Formule1... Ceci est le dernier chapitre de ma chronique "Un jour important dans la carrière de Juan Pablo Montoya...", que j'ai fait en hommage à la carrière F1 du Cogneur de Bogota, qui a claqué la porte de la catégorie reine au mois de Juillet. En écrivant tous ces articles j'ai réussi à exprimer la peine que j'ai ressenti au moment où il est parti, et je me suis surtout offert une cure de nostalgie bienvenue... J'espère vous avoir fait (re)découvrir de belle manière les frasques de ce pilote très talentueux, qui manquera à pas mal de personnes!



So Long Juan


Keyshun

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